Jusqu’au XXᵉ siècle, les femmes ne choisissent pas librement leur profession. Seules quelques formations et métiers leur sont ouverts, ceux jugés « féminins » et dans la continuité de leur rôle domestique. Les premières carrières féminines en dehors de la sphère privée apparaissent ainsi au XIXᵉ siècle, principalement dans l’enseignement, le soin et l’assistance, avec les métiers d’institutrice, de sage‑femme ou d’infirmière.
Pourtant, dans les Hautes-Alpes, comme ailleurs, le travail des femmes dépasse de longue date ce cadre et s’inscrit dans de nombreux secteurs – agriculture, artisanat, hôtellerie – souvent sans reconnaissance officielle de leur statut. Dans les vallées alpines, elles participent aux travaux agricoles et à la gestion des exploitations tout en assumant l’essentiel des tâches domestiques. Leur contribution à la vie locale est déterminante, mais peu visible dans les documents administratifs.
Progressivement, les lois évoluent : en 1965, une femme mariée peut travailler sans l’autorisation de son mari ; en 1972, le principe d’égalité salariale est inscrit dans la loi. Parallèlement, l’ouverture progressive des concours de la fonction publique et l’égal accès aux carrières administratives permettent aux femmes d’intégrer des métiers jusque-là réservés aux hommes. Cette évolution transforme en profondeur les parcours professionnels et favorise une présence féminine accrue dans l’administration, l’enseignement ou la justice, y compris dans les territoires ruraux et de montagne. C'est par exemple en 1966 que les Archives départementales sont pour la première fois dirigées par une femme, Mireille Massot. Une histoire de progrès, encore à faire avancer, et qui trouve un écho particulier en cette Journée internationale des droits des femmes.
Les Archives conservent les traces de ces évolutions : dossiers de carrières, photographies, registres scolaires, diplôme… Une petite sélection de document est actuellement présentée sur le palier de la salle de lecture des Archives, jusqu’au vendredi 13 mars.
Illustration : Excursion avec l'École normale d'instituteurs – Col du Labouret, buste de Prosper Demontzey, Service de restauration des terrains de montagne, s.d., 21 Fi 2193
La presse locale ancienne est une source précieuse pour connaître la vie politique et locale de notre territoire.
Qu’est-ce que la presse ancienne ? Il s’agit des titres de journaux parus avant 1944, année qui marque un renouvellement complet de la presse française. Si les premières gazettes datent du 17e siècle, c’est surtout au 19e siècle que la presse connaît un véritable essor au niveau local. Dans les Hautes-Alpes, les deux premiers journaux du département paraissent au moment du Premier Empire à l'initiative des imprimeurs Allier. Les titres se multiplient, édités à Gap, Embrun ou Briançon, et deviennent une source d'information essentielle pour la population. Journaux politiques, d'annonces légales ou économiques (parus durablement ou de manière éphémère), ils permettent d'étudier l'histoire des mentalités, de la vie économique et culturelle du territoire.
Quels titres sont en ligne ?
Comment chercher ? Vous pouvez feuilleter la presse par titre et mois de parution ou, cerise sur le gâteau, taper un mot-clé. Pour faciliter vos recherches, nous avons procédé à une reconnaissance optique des caractères (OCR) de toutes les pages qui vous permet de chercher en plein texte. Ci-dessous un tutoriel très bref pour vous aider dans la recherche.
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