Le saviez-vous ?

Du 09/11/2021 au 21/11/2021

 

A la fin de la Première Guerre mondiale, de nombreuses familles sont touchées par la perte d'un être cher. Le bilan humain est lourd, plus de 4300 Haut-Alpins ont perdu la vie au cours du conflit. Comment faire le deuil des chers disparus alors que, bien souvent, ils reposent à plusieurs milliers de kilomètres du pays natal ? Bien vite, la volonté d’honorer les morts va se poser dans chaque commune de France.

 

Sous la pression de l’opinion publique et des anciens combattants, cet hommage aux glorieux disparus se concrétise par la réalisation d’un monument.

 

Dès 1919, l’État promulgue un certain nombre de lois et de circulaires spécifiques qui encadrent l’édification de cet hommage public. Les communes qui souhaitent ériger un monument aux morts doivent constituer un dossier et le présenter à la préfecture.

 

Ces dossiers doivent contenir une délibération du conseil municipal approuvant la construction du monument, un croquis du monument avec indication du lieu où il sera érigé, un devis estimatif de la dépense, des indications des voies et moyens de financement (crédit inscrit au budget de la commune, souscription publique et subvention de l’État) et l’avis de la commission départementale chargée de l’examen du monument au point de vue artistique. Dans le département des Hautes-Alpes, cette commission, constituée par arrêté préfectoral du 24 juin 1920, comprend un agent voyer à la retraite, l’archiviste départemental, un professeur de dessin au lycée Dominique Villars de Gap, le conservateur du musée de Gap et l’architecte départemental.

 

De son côté, la municipalité constitue un "comité d’érection du monument" qui a pour mission de recueillir les fonds nécessaires au financement du projet en organisant des souscriptions, des quêtes ou des fêtes destinées à récolter de l’argent. Il est également chargé de choisir le monument et son auteur ainsi que l’emplacement sur quel le monument sera érigé. Ce comité, souvent présidé par le maire ou son adjoint, est composé de membres du conseil municipal, d’anciens combattants et parfois du curé.

 

La forme des monuments aux morts

Dans les Hautes-Alpes, la forme la plus répandue est la forme pyramidale, vient ensuite la plaque commémorative. Les statues ne représentent que 9% des édifices et il n’existe que deux chapelles funéraires : une au Monêtier-les-Bains et l'autre à Eygliers. D’autres édifices peuvent prendre des formes plus originales comme la tour horloge d’Aspres-su-Buëch et son inscription « l’heure sonne et passe semblant revenir pour que rien n’efface votre souvenir ».

 

Les comités d’érection des monuments aux morts font en majorité appel à des marbriers et des sculpteurs locaux ou des firmes industrielles spécialisées qui offrent l’avantage de proposer des œuvres à bas prix produites en série. Ils ont plus rarement fait appel à des artistes car ces projets artistiques étaient beaucoup plus coûteux. La ville de Gap lance un concours en 1922 pour la réalisation d’un monument aux morts dédié à tous les Gapençais morts pour la France. Parmi les 7 projets proposés, c’est  d’Eugène Giraud, statuaire à Paris, et de Julien Le Guen, architecte diplômé par le gouvernement à Paris, intitulé "Le Glaive" qui remporte le concours.

 

 

Aujourd’hui, les monuments aux morts rappellent aux nouvelles générations le sacrifice de leurs aïeux pour la Patrie et le devoir de mémoire qu’ils ont envers eux.

 

Pour aller plus loin 

  • Ouvrage "Vivre la guerre dans les Hautes-Alpes", publié en 2016 sous la direction de Gaël Chenard et Pierre Spitalier.
  • Des ressources relatives à la Grande Guerre sont accessibles sur ce site Internet en cliquant ici.

 

Illustration : aquarelle du projet de monument aux morts de la commune d’Embrun (Arch. dép. des Hautes-Alpes, 10 R 511).